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D'où me vient ce trouble insensé, qui me désarme
Quand je regarde tes yeux, ô si pleins de charme !
Je me sens défaillir, devenir écarlate
Quand toi, tu souris de ma pudeur délicate.
Comment échapper au faisceau de ta lumière ?
Les autres n'y voient rien, et moi, tout un mystère
Mon corps fourmille d'une fièvre insensée
Des balises partout, interdit d'avancer.
Tu passes sans bruit, à la même seconde
Le tumulte gronde, m'envahit, me terrasse
Les battements de mon coeur, que tu sondes
Résonnent si fort partout, m'accrochant à tes traces.
Si seulement je pouvais te laisser entendre
Ces mots qui palpitent, que pourtant je dois taire
Rien ne saurait maintenant te surprendre
Car tu lis tout droit mon émoi incendiaire.
A quoi bon me cacher d'aimer tant ton sourire ?
Ce regard noir, ponctué de soupirs
Qui me font glisser, naufragée volontaire
Vers la rive si douce-amère
De ta silhouette fine
Que partout je devine.
Faut-il vraiment que je m'efface
Renoncer à rêver, qu'enfin j'en finisse ?
Tu occupes tout ou partie de l'espace
Sur l'île fantasque des ombres complices.
Las ! Quelle est ma vie, comparée à la tienne ?
A l’opposé, sans la moindre passerelle
Je ne puis qu'implorer la clémence du Ciel
Pour que s’exhale un jour, ce parfum d'irréel.
Souffrir, je ne puis qu'être consentante !
Ta pensée en moi se fait nœuds de tourmente
Me poursuit, me talonne, souvent me torture
Qu'ai-je fait pour cela ? Pas même un murmure !
Tu t'es trouvé devant moi, brusquement, un matin
Tellement présent qu'il n'y avait plus rien
Je voyais dessinés, les contours de ton image
Venue du fond de moi, du fond de nos âges.
C'est trop tard, maintenant, tu es sur ma route
A quelle fin, je ne sais, une épreuve sans doute
Tiens toi loin de moi, Ô commun des mortels !
Dans ma cage blindée, on m'a plombé les ailes.

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