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Les cartons entassés dans le couloir
Arrogants, insensibles, me disent son départ
Je voudrais un à un les éventrer
Tout remettre à plat, comme avant, bien rangé.
Les cahiers où se dilue l’encre noire
Des années scolaires, toutes évanouies
Se blotissent sans bruit au fond d’un tiroir
Reliques d’une époque embellie.
Un à un, les meubles s’en vont
Elle se termine ici leur histoire
Partir, pour garnir une bien jolie maison
Qu’ils ont bâtie de leurs plus beaux espoirs.
Il s’affaire et ne voit nullement ma peine
Le plancher craque sous l’effort
Le chat dans l’armoire se promène
Et pour retenir le temps, se cache encore.
La pièce se vide, mon cœur tout autant
Il s’en va, cette fois, il s’en va, mon enfant
Vers sa vie qui tendrement l’appelle
Qu’il voit belle, et toujours auprès d'Elle.
Reste à terre la poussière des années
Souvenirs soudain inutiles, éparpillés,
Un coussin décousu, une peluche esseulée
Sur mon âme en lambeaux, de douleur éclatée.
Le camion ronronne en bas sur la route
Tout est prêt, le voyage s’annonce déjà
Mon regard se noie, quelle infinie déroute !
Les sanglots contenus me crispent les doigts.
C’est l’heure mon garçon, n’oublie pas que je t’aime
Que je te reste attachée, à jamais la même
Que la vie, mon enfant, avec toi soit clémente
Crois en elle très fort, jusqu'au bout de l'attente.
Sur les récifs du temps mon cœur s’est abîmé
Mais le tien, conquérant, s’en ira guerroyer
Les combats que j’ai perdus, à toi de les gagner !
Le scénario de ta vie ne fait que s'ébaucher.
Au bout du chemin, je l'aperçois, douce et fière,
Je vois le bonheur le prendre dans ses bras
Je m’en remets à lui, elle s’efface la Mère
La Femme de sa vie l’enlace de sa joie.

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