|
Garder pour soi, sel et ambre, humeurs et soie.
Garder pour soi, silences et soupirs aux abois.
Garder pour moi, souffles et chuchotements.
Garder pour toi, mots froissés de frôlements.
Linceul d’un amour défunt de se taire.
Mots pour toi, mon aimé, mon enfer.
Ma transparence, mon collier d’esclave,
Pour toi, mon aimé, délicieuse enclave.
Soupirs partagés, regards passionnés,
Doigts emmêlés de nos corps mêlés.
Toi, mon amour, au cœur si amoureux,
Ce collier si lourd, perles de mots heureux.
Rêver de les déposer en perles grises,
En drap de soie, en peau de moi, l’éprise.
Rêver de les soumettre, les abandonner.
Ces mots d’amour si lourds, et pourtant si légers.
Voiles impalpables, écume et nuages,
Dans ton corps aimé, je flotte, je nage.
Fumées envolées. Les cendres retombent.
Sous elles tout un monde s’effondre.
|