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Au large de mon île en troublant horizon,
J'ai vu le grand voilier les ailes dans le vent,
Tracer, de blanche écume, un chemin de sillon,
Un appel au voyage écrit dans l'océan.
Longtemps, je l'ai suivi d' un regard éperdu,
Rêvant de soute pleine au parfum des épices
Et de traversée folle en lieu jamais rendu,
L'aventure contée d'un matelot complice.
Amarrée à ma peine, embourbée dans les sables
Je reste plantée là, sans accès à son bord,
Quand mon esprit est vague en chimère coupable
Et caresse le bois de ce seigneur des ports.
Déjà, n'est plus qu'un flou, une ombre du lointain,
Un passé qui s'efface au rythme des courants
Avançant sans détours vers son but si certain
Quand je suis à ma nuit et son ennui errant.
Je n'entendrai jamais claquer la grande voile
Et ne serai bercée au roulis capiteux.
Mais quand le soir s'allume aux feux de mille étoiles,
Je garde son image imprimée dans mes yeux.
31 Octobre 2005
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