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J'ai fermé la porte de la chambre, mon service est bientôt terminé. Je l'ai laissée là, seule, demain, je le sais, elle sera partie.
Sans rien connaître de sa vie, de la femme qu'elle était, je l'ai accompagnée dans ses souffrances et son délire. Pendant ces mois, je l'ai lavée, habillée, nourrie, comme on s'occupe d'un enfant... je lui ai parlé...sans savoir si elle me percevait, si elle reconnaissait le son de ma voix, si elle savait mon visage...
Enfermée dans son monde, déjà loin, si loin du notre.
Ce matin j'ai téléphoné à sa fille pour lui signaler que la fin était proche. Cela fait des mois qu'elle n'est plus venue la voir, des mois sans visite, des mois d' indifférence. Aujourd'hui, encore, elle ne viendra pas, elle n'a pas le temps, pas le temps pour un dernier aurevoir...
Quand je lui ai parlé des dispositions à prendre , elle m'a dit de faire à notre habitude.
Comment en arrive t'on là, comment la mort d'une maman peut-elle devenir ..une habitude ?
J'ai fermé la porte après un dernier regard, un goût amer au fond de la gorge.... les autres pensionnaires réclament ma présence...
Plus tard, dans l'après midi, derrière cette porte.... elle est partie... seule... et je l'ai senti...
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