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Mortes amours
Il était un amour, tout fragile et surpris,
Qu’était tombé du ciel sans étoile, une nuit,
Sur deux cœurs en prison que leur geôle étouffait.
Chacun, dans sa cellule, chacune regardait…
Plus ils se regardaient, plus leurs cœurs affolés,
Comme au temps du printemps, jadis, batifolaient,
Plus ils savaient que l’un mourrait plutôt de l’autre
Que de l’abandonner pour le soupir d’un autre.
Ces deux cœurs ne savaient pas qu’un lâche assassin
Attendait embusqué, au fond d’un sablier,
Jurant entre ses dents qu’un jour ils s’oublieraient,
Aussi sûr que la nuit agonise au matin.
Le temps, car c’était lui, leur tendit ses colliers,
Les prit dans ses filets, les noya dans ses flots,
Et retourna contre eux tous les maux de leurs mots
De sorte qu’au matin, ils s’étaient oubliés.
Pourtant, quand vient le soir, une larme furtive
Scintille au fond du jour sur sa pente déclive,
Et ces deux amants-là se demandent toujours
Pourquoi, quand et comment, sont mortes leurs amours.
***
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