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Lettre aux femmes
et post-scriptum
Ô femmes, vous nous voulez bons amants fidèles,
Virils, entreprenants, enveloppants, charmeurs,
Beaux parleurs et brillants, toujours de bonne humeur,
Ce que bien sûr nous sommes – et faire la vaisselle.
Mes amies, mes amours, jolies tourterelles
Roucoulantes souvent, mais pas n’importe quand,
Quel bonheur est le nôtre, chevaliers servants,
De vous avoir pour Muse et vous rendre si belles.
Lorsqu’au bout de nos doigts vous tremblez de désir,
Et qu’au doux de vos nuits nous mourons de plaisir …
Douceurs de vos lèvres et douleur du partir …
Pubescence du rêve en gamme des soupirs …
Femmes qui crucifiez et les cœurs et les corps,
Quel honneur est le nôtre de périr sur la croix
De vos membres épars dans des draps roses soie
Au retour éternel d’une invincible aurore …
***
Âme sœur aux vers tendres, qu’il fut doux de s’étendre
Au chevet de ton cœur dans la nuit ma complice,
Qu’il fut doux de te prendre sur le sable qui crisse
Sur la plage d'un rêve, te reprendre sans trêve…
Ton amour se mesure à l’aune de ce rêve
Tes fleuves de tendresse ont un goût d’absolu
Je sais que bien avant que l’horizon se lève,
Tu seras repartie ; et ton cœur sera nu.
Et mon cœur qui épouse les courbes du destin
D’avance te remercie des larmes de demain
Quand mes mains seront veuves du velours de tes mains ;
Car il faut que s’écoule de l’amour le trop plein.
***
Oui, je suis philogyne, oui Femmes je vous aime
Mais une seule à la fois et le temps d’un poème…
Ne cherchez pas en moi ce qu’on n’y trouve pas
Car le soleil se donne mais ne se reprend pas.
Juin 2002
Post-scriptum, novembre 2005
Le sable a déserté la plage de nos rêves
La mer a rebattu les mots prémonitoires
Nos vagues épuisées sont mortes sur la grève
La plume du temps las a signé notre histoire.
Le velours a perdu tout souvenir de peau
J’ai passé l’anneau d’or au doigt mort du destin
Demain vainqueur d’hier ensevelit les mots
D’amour que le vent pleure en caressant nos mains.
***

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