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Les mots
Ô les mots du matin, quand le lilas s’étire,
Ah ! Les mots de ta main sur mon ventre en écho,
Oh, les mots de la fin, quand la mer se retire,
Que ne reste au sable que l’empreinte des peaux …
Les mots sont des soldats qui vaillamment s’élancent
Pour franchir les tranchées qui séparent les cœurs,
Puis tombent au combat, victimes du silence,
Soldats interrompus fauchés par la douleur.
Traîtres à leur mission, les mots parfois désertent,
Ecrasés par la honte, ils fuient en lettres blêmes ;
Sur une page blanche, les mots pleurent la perte
De leur plus grand héros, l’infini-mot « je t’aime » …
Ils revivent parfois par le charme d’un soir,
Où, cachés pudiques sous un doux velours noir,
Echappant à ma main, ils se mettent en rang,
Et crient, violant ma bouche, que je suis ton amant !
***
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