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D'abord,j'ai remarqué sa posture
Son immobilisme langoureux
si loin de l'imposture,
Semblant sortir tout droit
d'une toile
sans étoiles
de Maitre hollandais.
Assis par terre
Appuyé au mur de l'immeuble
Il attend,
sa tête tragique penchée sur un sac vide,
bras ballants
sur ses genoux repliés,
Beauté insoutenable
D'un homme crucifié
par la société cannibale...
Il est nu et cassé,
livré
à la route sans retour
à la route qui tue tout:
espoirs,illusions,dignité,droit,désir
et amour...
Tous ceux là sont des squelettes sanglants
Qu'il a laissés un jour
au bord de son existence.
Il vit dans leur silence
Assourdissant.
Qui le regarde vraiment
Lui qui ne lève plus les yeux?
La lumière est une étrangère...
Qui lui parle encore
Alors qu'il ne dit mot
Depuis si longtemps?
La parole se dérobe...
Comment redonner le gout
de la vie et des autres
à un damné qui tombe
et retombe sans fin
dans un gouffre béant?
Destin indicible,
révoltant,
façonné,disent-ils,par la fatalité,
Mot de huit lettres à donner la nausée !
Petit homme qui souffre
Tu as été un jour un enfant
joyeux et turbulent,
ou studieux et choyé,
ou malheureux,qui sait ?
Mais les rêves...
Quels souvenirs te poursuivent?
Vers le futur tu avances
sans ressort et pourtant
si courageux,prostré,muet,
Prêt à défier cette vague
qui voudrait t'emporter!
Immobile,tu cours,
tu cours,tu cours,
Tu tentes de fuir
le malheur qui t'avale
Tu résistes à la mort
programmée par nous tous
Tu es plus homme que le plus humain
d'entre nous...
Les statistiques te donnent cinq ans
sans un abri décent...
Où es-tu maintenant?
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