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Fatigué
Fatigué…
Le temps m'est étranger, mon horloge brisée.
La trotteuse agonise agitée par un spasme.
Minutes envolées ne sont plus que fantasme.
Et les heures perdues ne sont plus aiguillées.
Fatigué…
Je demeure immobile au milieu de mon lit,
Tout recroquevillé sur mes tristes pensées,
Vivant jour après jour une mort éveillée,
Le regard dans le vide étreignant la folie.
Fatigué…
Jour et nuit, je combats mes démons et les tiens,
Que les limbes en moi vomissent sans répit.
Sous le flot des assauts incessamment subits,
Je m'épuise à défier les légions du malin.
Fatigué…
Mon imagination, pellicule fertile,
Me projette le film contant tes trahisons.
Et l'âme qui croyait profonde ta passion,
S'éreinte à protéger ses croyances fragiles.
Fatigué…
Cherchant une sortie au sombre labyrinthe,
Trop loin du lendemain, revisitant l'hier,
Ayant trop à ton sein goûté le miel amer,
Je titube en chemin, affaibli par l'absinthe.
B.
(mai 2005 – révisé en 2006)

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