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Les ombres aux regards
Accrochent une larme,
Passent au hasard
d'un arrêt, d'une rame
Ils sont tant, ils sont un
Pressés, perdus
Vers un rien, vers un loin
Cœur caché, décousu
Et tout s'en va
Et tous s'en vont
Ici ou là, ou là
Sans nom, sans raison
Les plaies béantes
Mal fermées, mal cousues
Mémoires saignantes
Aux croisées des rues
Un geste suspendu,
Au fond de la poche
A l'abri, pourtant nu,
Comme un reproche
Un sourire forcé,
Un cri retenu
Jette un souhait,
dernier, vaincu
Ils sont tant, ils sont un
Sur la touche, un prélude
Entre hier et demain
Pas encore une habitude
Des possibles, encore
Murmurent les saisons
En ultime poussière d'or
Un Ave pour un violon
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