|

Quand rien n’y paraît, à l’extérieur,
Ca ne veut pas dire qu’il n’y a personne,
Qu’il n’y a personne, et qu’il n’y a rien,
En-dedans qui bouge, qui fait un malheur,
Sous des apparences, trompeuses et sereines,
Tous les sentiments que peut un humain.
Quand rien n’y paraît, qu’on regarde loin,
Qu’on croit ne rien voir, malgré notre espoir,
Malgré le désir, malgré les promesses,
Qu’on croit tout perdu, et plus rester rien,
C’est dans ces moments, parfois, qu’on peut voir,
Où rien ne paraît, tout ce que l’on laisse.
Quand rien n’y paraît, qu’on croit écouter,
Cette voix profonde qui monte de nous,
Quand on prend cela pour rien de sérieux,
C’est plus obstiné que le bruit se fait :
Comme une musique, un peu, qui se joue,
En chacun de nous, ce qu’il y a de mieux.
Et si tout existe, sous les apparences,
Tout existe vrai des milliers de fois,
Autant qu’on regarde, autant qu’on écoute,
Lorsque se mélangent toutes les croyances,
Et tous les regards, et toutes les voix,
Toutes les histoires, qui sont différentes.
|