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voilà l'oeuvre de 5 amis qui un soir...
Ô toi ami toujours constant
Nuit après nuit présent
Toi que je retrouve toujours le même
Qui ne te plaint pas quand je te malmène.
Ô toi témoin tout doux
De mes rêves les plus fous
De mes fatigues trop lourdes
De mes insomnies trop sourdes.
Toi que j'ai écrasé,
Tapé,
Secoué,
Sur qui j'ai bavé,
Pleuré,
Rêvé.
Toi qui a tout entendu,
Surtout ce que tu n'aurais pas dû,
Toi qui m'attend toujours
Quand en nuit se fait le jour.
Je t'aime,
Mon oreiller.
Toi que j'abandonne au matin
sans jamais un mot câlin
ce matin j'ai réalisé
que je devais te vénérer
Aussi ai-je décidé
pour que justice soit rétablie
désormais de te garder
Près de moi jour et nuit
Tu viendras avec moi
te promener dans les bois
Au supermarché ou chez mémé
et je n'aurai plus honte de crier
Que c'est divin un oreiller !
L'or rayé en confident
de tous les moments par tous les temps
De mes transports ou mes soupirs
En solitaire ou meme pire
En rayure décalquée des petits matins blemes
En plis sur ma joue marbrés, de dessins meme
En soutien discret d'une nuque trop raide
ou mémoire urnée
de pensées trop censéesde cambrure pour des jeux partagés
Quelquefois je m'y love
D'autres fois je l'inonde
Le plus souvent m'abandonne
Fourbu par la journée
de pensées trop censées
Heureusement la nuit
Et puis ?
Et puis... le matin tu es toujours là
Sous mon cou si las.
Je te tape, je te redresse,
Tu m'enveloppes de ta caresse.
Tu gardes l'odeur de ses cheveux
L'odeur ténue de mes rêves bleus,
De qui un instant a posé sa tête,
Mêlant sa bouche à la mienne, fête !
Alors je me plonge en toi,
Qui ne sait pas, qui reste si froid,
Et si chaud aussi, plein du souvenir
De celui qui m'a fait tant rire.
Toi tu sais, mais tu te tais,
Mes rires, mes larmes, mes cris, mes secrets.
Chut ! Ne dis rien, laisse-moi aujourd'hui
Mes nuits d'insomnie rêver de lui
Dont toi aussi tu te souviens...
Hein ?
Et L'O raillé
de répondre
nOn
J'ai tout oublié !
Je t'ai souvent parfumé
D' essence légère
Cachant sous la taie,
Des rêves en poussière
Je t'ai garni de plumes
Craquantes sous les doigts
Ces nuits d'infortune
Où il faisait si froid
Je t'ai sculpté de mousse
Te voulant plus ferme
Puisque n'est pas douce
La vie, avare de bohèmes
Je t'ai vêtu enfin,
De coutil ou de soie
De coton brodé fin
Pour être digne d'un roi
Je t'ai maquillé souvent
De rimel non ôté
Qui voulait pourtant
Masquer la vérité
Tu a mon odeur,
Mes traces, mes empreintes
Et le battement de mon coeur
Lorsque la nuit s'est éteinte
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