|

Elle est là, chaque soir,
Sur ce bout de trottoir.
D’un simple voile, son corps habillée.
Ces talons las, claquent sur le pavé.
Ces yeux de larmes,
Trop, ou trop peu maquillés
Cache, avec pudeur, son drame.
Elle fait « la pute » pour quelques deniers.
Elle est là, chaque soir,
Sur ce bout de trottoir.
Bradant un sourire
Pour un tout petit plaisir.
Dans la tendresse absente
Chaque caresse devient indécente
Vite ! Oui, Vite ! Qu’arrive le matin !
Elle fait « la pute » pour quelques florins.
Elle est là, chaque soir,
Sur ce bout de trottoir.
Appeler « femme de mauvaise vie »
Par les bourgeois, les gens biens d’ici
Ou « putain ! , Ou - salope ! »
Son prénom, c’est Charlotte !
Elle en rit, maintenant.
Elle fait « la pute » pour quelques francs
Elle est là, chaque soir,
Sur ce bout de trottoir.
Elle n’a pas « de mac « , ni d’amants,
Juste un habitué, de temps en temps.
Lui parlant, parfois, en confidence,
Sans aller, au délit,
D’un amour trahi,
D’un amour, en errance.
Elle écoute , perdue, son délire
Elle fait " la pute " pour quelques lires .
N’ayez crainte, Mesdames !
Elle aura très vite oublié,
Tous vos défauts et petits secrets,
Dans son bas, une fois camouflé
Un peu de papier monnaie.
Oui ! C’est une « pute « Mesdames !
Elle est là, chaque soir,
Sur ce bout de trottoir.
|