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Je proteste contre ma prostate
Elle squatte le sommet de mon cerveau
je ne me suis pas prêté au serment d’hippocrate
mais il me semble bien qu’elle soit placée trop haut
Je ne suis ni génie ni clone, ni trans-génique
Je rencontre un problème génital sympathique
En effet j’éjacule la connerie par les oreilles
Phénomène de rejet ou besoin naturel
J’en éprouve un orgasmique soulagement
Une sensation de propreté postérieure au lavement
Délicate, ma prostate un petit coin m’a aménagé
Pour meubler mon esprit quelque peu dérangé
D’Un buffet rempli des vers en soldats alignés
Un divan tapissé de mots à usiner
Un secrétaire pur y allonger mes idées
La prose d’une moquette est à envisager
Un matelas de plumes aux pointes bien taillées
Pour pouvoir y coucher des formules distillées
Un aspirateur à inspiration débridée
Un fauteuil voltaire histoire de fantasmer
Dans les combles de ma folie, un jardin d’intérieur
Ma prostate diplomate m’avait bien conseillé
De semer la cul.. ture et de bien l’arroser
A l’eau de la fontaine la molle hier racine
Se dressera en phallus prédateur
A l’affût de jouissance dans des muses câlines
Que terminer ce texte est problématique
Une prostate déplacée peut être bien pratique
Avec ma libido cette laveuse de cerveau
M’oblige à me regarder sous un jour nouveau
chez l’autre locataire Elles boiront donc le thé
voisine de palier, une charmante araignée
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