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Désert
La chaussée portait le deuil, la pluie perlait le pavé
Comme autant de larmes versées pour lui rappeler
Toute l’inutilité d’une rue inanimée
La rue était frustrée, pas même un pas feutré
Déambulation des spectres sur ses trottoirs
Débâcle de la vie, sentiment dérisoire d’avoir
le devoir de voir
Des toits les gouttes au nez suintantes sur les pignons.
Et avoir Le silence pour unique compagnon
Plus de couple amoureux évitant réverbères
Aucun baiser fougueux sous une porte cochère
Pas de guitariste assis sur le bitume
Plus de pièce à donner pour chasser l’amertume
Le temps c’est figé sur un tableau crevé.
La place du marché n’était plus que gruyère
Les rares victuailles virtuelles évaporées
Sous la chaleur du feu des missiles bien réglés
Pour anéantir les instruments de guerres
Un peuple amaigris et aigri des misères
Que leur chef à moustache dans l’ombre des palais
S ‘amuse en son bunker à compter les viscères
Pour meubler solitude dans un Bagdad café
Et dans la blanche maison le roi du monde fulmine
Il a déjà perdu deux tours sur l’échiquier
La bataille des fous maintenant se termine
La victoire au rendez-vous, rien n’est à regretter
Les pions et cavaliers, patriotes au formole
S ‘engouffrent dans les dédales de leur nécropole
Rejoignent leurs pénates leurs les regards sous la terre
Car au-dessus rien à voir qu’une rue solitaire.
La rue était déserte les passants sont cachés
Envahis par la honte
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