|

Subito, à quinze ans il entra dans ma vie.
Le chant lyrique ! Je n’avais plus qu’une envie
Chanter tous ces airs connus qui chez ma grand-mère
Mes enfance et adolescence bercèrent.
Hélas ma mère pour les cours n’étant pas d’accord
Me répondit tout de go : passe ton bac d’abord.
Bac en poche, il a encore fallu cinq ans
Mais ne dit-on pas : patience et longueur de temps ?
Puis vint par mon frère ce moment tant attendu
Au milieu de tous ces choristes j’étais perdue.
Presto, ils devinrent des amis sympathiques
Tous réunis, par leur amour de la musique.
Les vêpres de Mozart m’ont été bénéfiques
Sous l’impulsion du chef, parfaisant la technique,
Qui nous imposa cours de chant et de solfège
Au piano, je travaillais aussi mes arpèges.
Blanches, noires, croches, triolets, silences, rondes
Comme Colomb je découvrais un nouveau monde.
Bach, Rossini, Suppé à Mozart succédèrent
Allégro au paradis ils me transportèrent.
Da capo, je dus renoncer par obligation
A pratiquer hebdomadairement ma passion,
Hormis ça et là en de très rares exceptions.
Mais toujours pour d’extraordinaires partitions.
Un déménagement en terre pacifique
Eu pour résultat des retombées mirifiques
Sous forme régulière d’envolées lyriques.
Deuxième reprise d’un livret homérique !
Fortissimo et de crescendo en crescendo
Un tourbillon qui m’entraîna accelerando.
Ah, le mystère des voix vibrant à l’unisson
Provoque en moi beaucoup d’émotions, de frissons
Et m’élève sous le ciel de la félicité
Comme nous tous dans une belle complicité.
Créant chez certains de nous une dépendance
Qui explose à l’heure des grandes vacances.
Quelle sera la coda de cette aventure ?
Personne ne le sait, une chose est sûre
Je ne laisserai nul bémol venir altérer
Ma volonté de chanter ni la contrecarrer.
|