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LA FEMME FATALE
En foulant la chaussée j’ai pris ta main tendue
Ma belle demoiselle je vais t’accompagnant
Me bercer sous la lune de délires dissolus
Je me suis fait conduire par mes rêves indécents
Du lourd mât de cocagne, le savon dégouline
J’ai fait tous les efforts pour décrocher la brune
Mon regard se repose à l’ombre de ses collines
Ma plume s’est usée à chevaucher ses dunes
En chercheur de corps j’exploite ma concession
Je tamise ses rivières je creuse dans ses sillons
Je souris à l’envie de sourire à la vie
Et d’épancher ma soif dans le noir de ses nuits
Ma dame ténébreuse je viens te dénuder
Mes fissures affectives sont à jamais collées
A ta crinière obscure qui couvre ton échine
Je t ‘avoue ma puissance, inonde ta blancheur
ET tatoue ma jouissance en points d’encre de chine
Je me perds dans la brume des obscures impudeurs
Soudain, mon cœur se fige, s’achève sur le pavé
La vie d’un chercheur de corps qui cru avoir touché
Le filon des yeux d’or d’une dame brune à rêver
Mes jambes écorchées au mât de savon noir
Me font me rappeler que j’ai trouvé ma mort
Dans cette femme obscure à l’étrange pouvoir
De faucher tous les corps passant sur son trottoir
Je lui ai fait l’amour sans le moindre remord
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