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La cité
En camaïeux gris de bitume et de nuages.
Uniformes parois rigides alignées
Vitres glacées et vides, numéros sur leurs cages
Les immeubles remparts du monde des cités
La chétive pelouse au dos ras et jauni
Etale et, essoufflée par les relents d’essences
Sous l'avare ombrage de sapins épuisés
Rôdent des chats craintifs qui quêtent leur pitance.
La façade anonyme à l’œil parabolique,
Est barrée d’un balcon, bien souvent débarras
Bicyclette accrochée et plante famélique
Pavoisée et claquante sous drapeaux de draps
Tout le jour la cité pareille à un dortoir,
Somnole, muette, prend la nuit pour le jour.
Puis soudain se réveille à la venue du soir
Et la ruche fourmille au porche et dans la cour.
Sur les pleurs des enfants, un fumet exotique.
Musique et chants du Monde et tags à chaque étage
Essaim multicolore à la pensée unique :
Une place au soleil et le goût du partage.
Ils aiment leur cité, où ils ont pu grandir.
Pour beaucoup leurs parents y ont fermé les yeux.
Si dans leurs courts sommeils ils rêvent de partir
C’est dans un fol espoir d’une part de ciel bleu.
Anita
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