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J’ai vu l’obscurité déchirée par l’éclair
Et dans l’aveuglement, dans la profonde nuit
Un faciès hideux soudainement surgit
Et son haleine infecte empuantissait l’air.
Il s’arrachait du torse des lambeaux de chair
Qu’il avalait sanglants dans un éclat de rire.
Je suis venu ici, dit-il, pour te séduire
T’offrir si tu le veux le trône de l’enfer.
Sa gueule cracha le feu sur un bourg endormi
Les cris des suppliciés me vrillaient les tympans
Et dans l’âcre fumée, j’entr’aperçus grimpant
Sur les ailes du monstre l’âme de mes amis.
D’un pied il écrasa comme autant de fourmis
Des chrétiens qui chantaient dans la nuit de Noël
Je te ferai régner sur la terre et du ciel
Mélangeons nos sangs et signons ce compromis
J’acceptai donc ton pacte, infâme créature
Tu m’offris la richesse, le charme et la beauté
Des vierges délicieuses de fragilité
Que je démantelais en savantes tortures.
Je connais la jouissance d’être la pire ordure
Lorsque les puissants tremblent à mon commandement
J’ai l’appétit féroce et le rire dément
Je suis un cauchemar, on m’appelle…dictature
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