|

Le chant du cygne
Un texte ancien, légèrement remanié.
MUSIQUE : http://www.fileupyours.com/files/37487/Chant_du_cygne.mid
Il trouble les reflets qui recouvrent son monde,
Fait sillage en élan qui bouleverse l’onde
Et trace les frontières de sa carte du tendre ;
Il noue des entrelacs, se perd dans les méandres
Des amours de surface, sous le ciel vide et nu ;
Lance son grand cou blanc vers la terre inconnue.
Il joue à vivre un peu et à aimer beaucoup,
Caresse son image et penche son long cou.
Il croise dans les eaux de la fidélité
Par femmes et hommes de longtemps désertées ;
Il glisse silencieux, si léger qu'on croirait
Une plume, un fétu, un soir au mois de mai.
Mais l'hiver se rapproche et hier je l'ai vu
Une dernière fois qui passait en revue
Ses amours, ses tendresses et ses espoirs, hélas!
… Avancer lentement dans les eaux qui le glacent.
Et les premiers flocons l'ont rendu invisible ;
Puis j'ai cru discerner un chant à peine audible
Lorsque, probablement, le piège resserré,
Il a jeté au ciel son cri désespéré.
Et sa tête posée sur son aile figée,
Ayant vu, ayant cru, ayant enfin chanté
Son amour d'une vie pourtant désenchantée,
Je pense qu'il mourut, épuisé de nager.
Février 1999/2006
***
|