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 Et je vois que le monde est aux mains des immondes
Et que partout la faim et la misèrent règnent
Et qu’ailleurs c’est le crime, la terreur qui saignent
Et que l’humanité en horreurs est féconde.
Et l’on vient me prier
D’écrire quelques mots
Du printemps qu’est si beau
Dès que vient février
Je dis que pour sourire il n’est point de saison
L’amour et la beauté ne meurent pas en automne
Que lire au coin du feu n’a rien de monotone
Quand l’hiver rigoureux me garde à la maison.
Que dis-tu de la sève
Et de l’espoir de l’homme
D’Adam et de la pomme
De la promesse d’Eve ?
La joie et la douleur sont limon matriciel
Et de la pourriture se nourrit la racine
Du chêne millénaire à l’auguste poitrine.
L’homme, ce gland, demain caressera le ciel.
Chanson
Il a enfoui
Son gland
Dans la motte laiteuse
Elle a joui
Longtemps
Dans l’aube prometteuse
La Terre, elle est heureuse
L’homme, son fruit
Est grand.
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