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Aux prières sans chapelet le sort en est jeté
Bras en croix je meurs sur le pieu par manque de foi
Le baptême n’aura pas sût changer ma couleur d’âme
J’ai prié, j’ai crié, j’ai cru en lui... le temps d’un drame
Puis il a oublié que j’existais... que j’étais
Dans ma tombe j’emporterai tout le mal que j’ai fait
La lumière profane mes yeux que la terre boit
Je partirai, je partirai, sans prière et sans toi.
Mon Dieu ! Père manquant, pourquoi m’as-tu abandonnée ?
Je t’ai tant aimé sans recevoir ta bénédiction
Égarée sur le chemin de cette vie condamnée
Le feu de l’enfer ne brûlant plus sous mes pas fatigués
De Marie-Madeleine j’ai vraiment pu comprendre
Que les hommes savaient comment ils pouvaient me prendre
Par-devant, par-derrière, juste de par leur séduction
Je suis la glace qui se meurt au creux d’une boisson
La tourmente dans le péché de la prostitution
J’ai demandé que l’on me délivre de ce poison
Mon Dieu ! Père manquant, pourquoi m’as-tu abandonnée ?
Mon âme souillée par la rue entraînée dans la boue
Corps entaché par ceux qui l’ont si souvent mystifié
La foi, cette soif s’étend sur mes lésions que j’absous
Sais-tu Seigneur à quel point j’étais pour toi ta féale ?
J’entends le métro qui roule un train d’enfer vers la mort
Devrais-je mourir en athée ne croyant plus au sort
Mon corps tout de feu emporte avec lui l’âme en étal
Personne ne viendra sur ma tombe, sauf un pétale.
Je ne mérite surtout pas d’être fleurdelisée...
Mon Dieu ! Père manquant, pourquoi m’as-tu abandonnée ?
Rose n’ouvre plus ; Je ne suis qu’une pute de rue
Fractionnant mon sexe en quart d’heure pour un peu de blé
Mon corps ayant toujours moins à vous offrir... abîmé
Jusqu’au vol des bernaches qui se taisent à ma vue
Je ne suis qu’une traînée que le vent emportera
Droit devant, mon cœur se contracte, j’avance d’un pas...
Je ferme les yeux, chancelante proche de mon but
Une larme vient me surprendre. Ais-je des regrets ?
Je n’ai plus rien qui ne m’appartient, ni même mon corps
Souffle court, je me rapproche de la ligne d’arrêt
Jambes molles, ce dernier pas me conduira vers la mort
Mon Dieu ! Père manquant, pourquoi m’as-tu abandonnée ?
Moi la putain sur le quai là où je suis vraiment seule
Ne suis-je qu’un oiseau mort devant cette vie fermée
J’ai appris à baiser mais non pas à aimer vos gueules
Vous m’avez appris à m’éloigner de la société
Beaucoup trop de fois ou mes jambes se sont écartées
Beaucoup trop de fois ou ma chair a frémit exécrée
Croyez-moi, même une pute peut se faire violer
Du mal qui abuse nous frappe et repart sans payer.
Au nom du père et du fils je fais mon signe de croix
Mon corps n’est plus qu’une coquille déserte sans poids
J’ai franchi la ligne du non-retourr, je m’envole...
Je le sais, je le sens maintenant... J’ai fait le bon choix...
Je n’ai pas le droit d’être entourée d’une auréole
Mais avec tout ce que j’ai ingurgitée d’alcool
Flottent mes yeux et mon cerveau comme dans du formol
Morte ; Personne ne pointera la pute du doigt...
Soupir (c) 2004.
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