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Néant
Rien qu’une lumière infinie,
Sans ciel, sans terre, sans espace,
Pas un mouvement, pas un bruit,
Plus rien ne vit, plus rien ne passe.
L’horizon meurt en se perdant
En des profondeurs insondables,
Dans l’abîme toujours plus grand
De ce grand vide impénétrable.
Et l’immobile se déplace
Sans le montrer, sans le savoir,
En d’immenses blancheurs de glace,
Comme un miroir dans un miroir.
Mais ni le froid ni la chaleur
N’habitent ce monde idéal ;
C’est la perfection et l’erreur,
L’étreinte du bien et du mal,
Le croisement de toutes choses,
La différence révolue,
L’accomplissement de l’osmose,
La vie ni la mort ne sont plus.
Un œil entend, parle et contemple,
Témoin de sa seule existence.
Il est l’architecte et le temple,
Et le génie et l’ignorance...
Te demandes-tu ce qu’il voit ?
Il ne voit rien puisqu’il voit tout :
Le début, la fin et la voie
Qui unit l’un à l’autre bout.
Là, sans haïr et sans aimer,
Au seuil des blanches étendues,
L’œil solitaire s’est fermé
Et toute chose a disparu.
*
Bifane
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