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L'ingrat
Que me reste-t-il des dons de ma main fertile?
De mon coeur meurtri j'ai encor quelques lambeaux.
Mon âme les console, que ton jour soit beau!
Ni pleurs ni remords n'égalent ma foi infantile.
Quand ta main m'est tendue, je sacrifie mon sang.
Dis-moi où veux-tu aller, ô coeur volant sans aile?
De tes faux-fuyants mon coeur est la passerelle.
Mon âme sourit autant à ton vieux voeu naissant.
Si tu te crois rusé c'est que mon coeur est grand.
Je récolte les fruits que l'invisible te prend,
Quand je sème une graine de joie dans ta vie.
Ô Ingrat! je plaindrais ton sort qui jouit sans yeux.
Ouvre à ton tour ton coeur, tes proches en ont envie.
Disait Hugo: qui donne au pauvre, prête à Dieu.
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