|
Je viendrai te chercher
Je viendrai te chercher aux aurores du temps
Dans la prime lueur d’un nouvel univers
Quand courut le frisson d’une onde singulière
Qui libéra le cri de l’enfant du néant.
Je viendrai te chercher dans l’œil de l’astre noir,
Royaume du chaos, tombeau de la lumière,
Où les dieux aveuglés s'effondrent en poussières,
Ne laissant à La Mort pas l’once d’un pourboire.
Je viendrai te chercher près de l’étoile étrange
Qui valse dans la nuit à perdre la raison,
Pauvre cœur émietté irradiant l’horizon
D’ouragans de couleurs que la rage mélange.
Je viendrai te chercher sur la lune de glace
Si froide que l’hiver y rêve d’un été,
Si sombre que la neige ignore sa beauté,
Si triste que le vent y sculpte son angoisse.
Je viendrai te chercher au centre du cratère
Dans les brûlants geysers d’un lac incandescent
Que viennent incendier mille dragons ardents
Dont le souffle de sang embrase les enfers.
Je viendrai te chercher sous les eaux de la vie
Où se danse le bal des abeilles de verre,
Où l’amour à l’envi réinvente la paire,
Où spirale l’hélice emportant l’infini.
Je viendrai te chercher au bout des équations
Dans cette dimension où le monde se chante,
Infatigable choeur des cordes oscillantes
Sur lesquelles se joue la grande partition.
Je viendrai te chercher où demain se dessine
Au delà de nos nuits enchevêtrées d’épines,
Pour qu'en terre des cieux un soleil s'enracine
Dès que fusionneront nos âmes orphelines.
B.
(janvier 2006 - révisé en 2006)

|