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May Day, May Day !
Dix jours sans air
Dix jours à m’taire
A crever d’ennui
Le cœur dans la nuit…
Un voile uni, trop net a mangé le soleil
Une corne assourdie s’évertue mollement
A déchirer en vain de son cri qui s’enraye
L’ordinaire torpeur de ce ciel si blanc
L’écume éclabousse en giclées cristallines
Où grincent des toits rouillés, les pontons vermoulus
Un enfant sur le quai pose sa maigre ligne
Et le flot limoneux vient lécher ses pieds nus
Et le Chao Praya qui charrie, qui varie
Des chimères chaloupées chinoisent et vacillent
Piles dans l’ombre des ponts où les Soy s’éparpillent
…Et le Chao Praya me charrie, m’avarie…
Dix jours sans toi
Dix jours sans voix
A bander à vide
Le cœur dans l’bide…
May Day, May Day !
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