|
Le soir, le ciel s'éteint, les ruelles se vident
Les lumières s'estompent, les ombres s'allongent,
Les persiennes se referment sur le vide,
Les maisons se tassent et les trottoirs se rangent.
La nuit envahit au rythme des pulsations
La Ville qui se glisse dans sa léthargie.
Plus de cris, ni de bruits, ni de conversations,
Tout n'est que calme, rêverie et nostalgie.
Le présent se fige et le passé se réveille
Le souvenir surgit du fond de la mémoire.
Le rêve au quotidien prête ses merveilles
Et le monde dompté se soumet au vouloir.
Le dur réel devant ce reflux onirique
S'affaisse et du néant jaillit la plénitude,
Le soleil apparait et les angoisses abdiquent.
Les hommes charmés retrouvent leur quiétude.
Les habitudes d'antan reviennent au galop
Et en eux reprennent leur place légitime
La vie enthousiaste s'entoure d'un halo
Et disparaissent du coup racisme, vol, crime.
Le respect mutuel entre les gens s'installe
Et celui dû à l'âge se fait religion
La galanterie pour les femmes s'emballe
Et l'enfant-roi, enfin, règne sur la région.
Les habitants retrouvent leur humanité
Et dans un grand élan de purification
Rejettent arnaque, haine, cupidité
Pour vivre leur entière pacification.
L'ennui assassin cède la place à l'entrain.
Les gens vivent en paix leur citoyenneté
Sous un ciel clément immaculé et serein
Où règnent justice, confiance, honnêteté.
La Cité enchantée se réveille, les rêves
Plein les yeux et le coeur léger et emballé
Décidée de changer et de faire une trêve
Jetant ses malheurs pour ne plus les trimbaler.
Tout se peut, se dit La Ville, la volonté
Existe. Les hommes convaincus doivent suivre,
Rien n'est impossible, rien ne doit pus compter
Quand le prix de l'effort est le droit de bienvivre.
|