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Quand il se met en quarantaine avec lui-même
Dans sa grande maison peuplée de souvenirs
Loin de tous les autres, loin de tous les totems
A l'abri, là où rien ne pourra advenir
Entre ses meubles lustrés, ses livres anciens
Et sa vieille horloge qui égrène te temps
A petits coups, à petits sons, à petits riens
Devant son vieux miroir il s'arrête un instant.
"O miroir, mon miroir, indécent de franchise,
Peux-tu le temps d'un furtif regard m'épargner
L'enfer de ton constat, le goût de ta traîtrise
Et me laisser avec moi sans m'accompagner?"
La glace dans sa froide impassibilité
Continue à le regarder droit dans les yeux
Comme pour lui signifier l'impossibilité
De se plier à ce rêve de capricieux.
Il suit d'un doigt tremblant le nombre de ses ans
Sur le nombre croissant sans cesse de ses rides
Il compte sans succès les cheveux grisonnants
Et voit qu'il lui reste moins de dents que de vide.
"La mort t'a oublié, murmure le miroir.
-Chut! lui intime-t-il en fronçant le sourcil
Ma peau est rugueuse comme tu peux le voir
Mais mon âme est restée verte comme du persil!
O miroir, miroir, ton air voyeur m'indispose
Ta froideur inutile n'a d'égal que ton drame:
Comment veux-tu de ton regard vitreux de chose
Sonder en moi à la fois et l'enveloppe et l'âme?
Ce qui nous fait vieillir, ô miroir arrogant,
Ce n'est pas prendre de l'âge, ce qui fait mal,
Ce qui est destructeur, ce qui est fatigant,
O miroir, c'est de déserter notre idéal!"
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