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Le bistrot du temps perdu
On l’appelle le bistrot du temps perdu,
L’estaminet, là-bas au coin de la rue.
C’est un havre de paix,
Pour les putes, pour les paumés,
On y sert l’amitié,
Dans des grands verres, s’il vous plait !
Et on y fait la révolution,
Entre deux airs d’accordéon.
Vous, qui détenait
La sainte vérité,
Sachez les regarder,
Même si, ils ne sont pas bien nés !
Le comptoir n’a plus vingt ans
Il en a vu des amants,
Les yeux dans leurs bonheurs
Enlacés, pour avoir moins peur.
Dans la fumée bleue des cigarettes,
Le regard fatigué de Ginette,
Vous emmènera jusqu’en tendresse,
Pas plus loin ! Sinon c’est « confess. » !
Vous, qui détenait
La Sainte vérité
Sachez apprivoiser,
Ces doux moments de liberté
Installé dans un coin,
Il est déjà, bien loin,
Le regard dans l’infini,
Notre poète maudit.
Sur des feuillets un peu gras,
Il dessine son univers,
A coup de mots, à coup de verres.
Puis, sur la table, s’endormira,
Des larmes, plein le cœur,
Et des rimes, plein les yeux.
Vous, qui détenait
La Sainte vérité
Sachez lire le ciel
Pour lui ou pour elle !
On l’appelle le bistrot du temps perdu,
L’estaminet, là-bas au coin de la rue
Viens ! Viens ! On va s’en jeté un,
Chez nos amis, « les moins que rien ! »
Vincent
« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)
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