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En ce lundi de pâques, sur l’autel de l’amour
Dans son support doré un cierge est dressé.
Ta main, de l’allumer, semble bien pressée
Puisqu’elle le fait prestement sans détour.
Un esprit facétieux a caché à son pied
Deux gros oeufs de velours enveloppés.
Je vois tes doigts, doucement, les palper
Pour s’assurer que ce n’est du papier.
Mais le cierge est tâché que tu le frottes ?
Je vois bien que dessus tu t’escrimes.
Tu sais, la poussière n’est pas un crime,
Tu mets trop de vigueur pour cette crotte.
Voilà, tu as gagné, le cierge est fichu !
La cire partout maintenant s’écoule
Et le chandelier soudain s’écroule
Comme l’empire d’un prince déchu.
Mais, prenant les choses en main,
Voici que tu pétris avec adresse
la matière qui, soudain, se redresse
Et redevient chandelier d’airain.
L’amour pour toi qu’ici je confesse,
S’il fait couler beaucoup d’encre
Chez les esprits forts et les cancres,
Jamais pour longtemps ne s’affaisse.
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