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Chaleur
Qui pourra secouer la torpeur qui m'opprime ?
Il fait tellement chaud pour pleurer ses douleurs.
L'été de feu viendra coiffer de sa touffeur
Mon esprit éperdu qui s'accroche à la rime.
Assembler de beaux mots pour des pensers intimes
Et trouver de beaux vers pour conjurer ses peurs,
Trouver de beaux refrains pour ciseler ses pleurs,
C'est souvent de mon coeur le seul remède ultime.
Mais comment s'exprimer et comment se subir
Lorsque le ciel brûlant s'en vient pour m'abêtir
Et joindre son brasier à celui de ma tête ?
Mais quand flambent les feux d'un coeur en convulsion,
Il n'est pas de ruisseau dont la fraîcheur arrête
La lave qui jaillit de mon âme en fusion.
Alf30
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Le ciel est immobile
Al30
Le ciel est immobile
Le ciel est immobile au dessus de nos fronts
Et la voute céleste aux teintes irisées
Pèse de tout son poids sur le morne horizon
Qui verrouille notre âme en des lignes brisées...
La Terre est arrêtée sur des orbes galbées...
Ô vieux penseurs anciens ! Ce sont les sphères seules
Qui tournent en rêvant autour de nos idées
Comme tourne un bourdon sur l'épeautre ou l'éteule.
Le coeur est immobile au sein de nos amours
Comme un fossile dort au sein de la matière
En attendant le temps où reviendra le jour,
Quand le coeur arrêté reverra la lumière...
Les jours se sont figés au creux de nos journées,
Les jours sont arrêtés au coeur de froids immenses
Quand l'âme se souvient qu'elle dort, condamnée,
Et qu'elle ne verra jamais ses espérances.
Le songe est immobile au ventre de nos nuits
Où il git à jamais prisonnier de nos rêves,
Le songe est immobile et toujours il s'enfuit
Dans un piétinement qui stationne sans trêve...
Le Temps est immobile et on dit qu'il s'enfuit !
C'est nous qui le fuyons, comme s'enfuit la lune
Quand le jour la dilue au terme de la nuit
Et que la vie s'en va comme croulent les dunes...
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Alf30
Mourir
Al30
Mourir à petit feu dans un futur lointain,
Mourir au son du fifre ou au son de la lyre,
Mourir sur le pavé, mourir comme un martyre,
Peu me chaut de mourir si tu me tiens la main...
Mourir de trop de deuils ou de trop de matins,
Mourir chez les zoulous, à Sumer, à Palmyre,
Mourir sans le savoir, mourir meilleur... ou pire,
Peut me chaut de mourir aujourd'hui ou demain.
Peu me chaut de mourir en rire ou en délire,
En chantant, en pleurant, disert ou sans rien dire,
Dans le feu, l'air ou l'eau, la chaleur ou le froid !
Peu m'importe ! Mourir... pourvu que je te touche,
Ma main avec ta main... que tu chauffes mes doigts...
Que mon dernier soupir s'exhale vers ta bouche...
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