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Les rouages de l'horloge temporelle
Grincent à chaque seconde qui s'écoule;
Ses aiguilles ennemies se querellent;
Le Temps se vidant de son sang se déroule.
Le calendrier affolé dégringole;
Les jours se succèdent et les nuits s'effacent;
Les mois effrénés ruent et caracolent
Et leur bobine se dévide et s'efface.
Les siècles aux siècles content leurs victoires;
La clépsydre se nourrit de nos minutes;
Les époques s'entrechoquent sans se voir;
L'Histoire désabusée se répercute.
L'Homme prend du plaisir à tuer le temps
En attendant que ce dernier l'élimine;
Il en use et en abuse, tout content,
En oubliant que c'est le Temps qui le mine.
Les rides se creusent et rongent sa face
Les cheveux blancs progressivement le couvrent
L'échine sous les ans se courbe et se casse,
La tombe froide d'impatience s'entrouvre.
L'esprit rebelle refusant la vieillesse
A cessé de compter le nombre des ans
Depuis l'âge d'or, la fleur de la jeunesse
Sourd au temps et à son appel incessant.
Mais malgré son désir de conservation,
Il ne peut ignorer sa voix sans ambages
Qui lui susurre avec ostentation
Qu'il est temps de préparer le grand voyage.
Même après le grand départ, la fin des temps,
La croqueuse dans sa logique d'acier
Continuera à compter des instants
Que d'autres que nous auront à apprécier.
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