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J’avais chaud, soif aussi et me savais mourir
Les rayons du soleil découpaient dans ma chair
D’une lame muette, des lambeaux de lumière
Et j’entendais mon cœur commencer à pourrir.
Les soldats avinés à l’ombre d’un tilleul
Se disputaient aux dés l’étoffe d’un manteau
Une tunique écarlate, qui-cet homme tantôt-
L’habillait de souffrance tel un sanglant linceul.
Le bruit sourd d’un marteau résonnait dans ma tête
Ce vibrato de plomb déchirait le silence
De longues pointes noires, d'une morne cadence
S’enfonçaient sans faillir dans ces paumes ouvertes.
Ils levèrent la croix-l’homme étouffa un cri-
Pour dresser le poteau juste à coté du mien,
L’air était encore doux je grelottais pour rien,
Le soleil au couchant embrasait le ciel gris.
Je l’entendis parler à une femme, tout bas
Sur ses joues s’écoulaient de ces larmes amères
De celles que seulement verserait une mère
Comme la nuit tombait sur le mont Golgotha.
Ozedias, le tondu, mon compagnon de geôle,
D’une voix asséchée harangua mon voisin :
« -Toi le fils du Très Haut, ménage nos destin !
Si tu es le seigneur, réclame ton obole !
-Tais toi donc, Mécréant, craint de Dieu la colère !
Cet homme est innocent ! »Jésus me regarda,
Son sourire était doux : «- En vérité, crois moi,
Tu seras dans les cieux à la droite du Père… »
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