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Ivresse.
C’était un jeudi, il était tard,
J’prenais un verre dans un bar.
Accoudé au comptoir,
J’buvais mon désespoir.
On a, vite fait, le tour de sa vie,
En regardant au fond de sa nuit.
Perdu dans mes hasards,
On ne m’attend plus sur le quai,
Plus de trains, dans ma gare.
Allez, garçon ! J’n’ai, plus rien à fêter !
Il est entré, dans son manteau de pluie,
Le geste las, du vieil habitué.
Pourtant, il était fier et droit,
Comme un homme de lois,
Dans ses habits chiffonnés.
Assis à une table bancale,
De son manteau de pluie,
Il sortit quelques feuilles et un crayon de papier.
Levant le doigt, du fond de la salle,
Le patron savait : Picon-biére et cendrier.
Je ne pus m’empêcher de le dévisager
Cherchant une porte dans ce mystère.
Il y avait, un peu de moi, sous ce pardessus,
Comme l’errance d’une âme perdue.
Il s’appelait Philippe de Frémontprés,
Prince de Vérone et Duc de Morney.
Gentilhomme normand,
Enfin !....il y a longtemps !
Il avait, avec les mots cette complicité
Des histoires tristes et des chansons à pleurer.
Ecrites jusqu’à l’ivresse,
Fidèle compagne de sa détresse.
Et il s’en est allé, ses papiers dedans sa poche.
Il alla pleurer ses secrets , plus loin sous un porche,
Puis repris son chemin,
C’était un jeudi,déjà le matin.
Vincent
« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)
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