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Miroir. (Suite d’Ivresse )
Dans un dédale de rues mortes,
Il marche, avide de la nuit,
Son étrange et inquiétante escorte.
L’obscurité le rassure, le préserve,
Emprisonnant ses regrets, ses rêves,
Sous son manteau de pluie.
Poussant un portail, par le temps humilié,
Une allée se propose à mes yeux fatigués.
Ce n’est que ronces et arbres abattus,
Témoins couchés d’un passé révolu.
Elle était là, sa demeure,
Plantée dans une arrogante froideur.
Imposante façade, rongée de glycine et de lierre,
Grimpant, avec grâce dessus les pierres
Une lumière pauvre et vacillante,
Donnait aux ombres des nuances de gris grelottantes.
Des pages inachevées, en tas frileux
Attendaient le retour, d’une plume rageuse,
Raturant, griffonnant des mots malheureux,
Ou le cruel dessein de flammes ravageuses.
Assis sur un fauteuil poussiéreux,
Ecartelant les mots jusqu’à plus encre,
Le papier meurtri gémissait en rimes agonisantes.
Il cherchait une syllabe, une ancre,
Pour apaiser la strophe naissante.
Chaque pensée est une torture,
Une sentence, un parjure.
Un oubli dans le présent ou le passé s’engouffre.
Ou les sentiments d’hier, s’accrochent et s’étouffent,
Voilà, ce que je voyais de derrière la fenêtre.
Le spectacle d’un miroir écorché,
Brisant chaque jour sa réalité,
En milliers de morceaux coupant comme le mensonge.
Est ce moi ?
Est un songe ?
Aurai je assez de foi ?
Il me fallait le suivre, au-delà du perron.
Lui parler peut être, sans être fanfaron
Et, m’affronter, enfin, dans un ultime tournoi,
Ou, la vérité aura force de loi.
Vincent
« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)
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