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Maintenant, qu'il est vieux
Il cherche un petit lieu
Très loin des yeux
Où, il attendra sa fin
C'est peut être pour demain
Pour une fois, il est heureux
Il n'a pas d'héritier
Pour sa misère et sa pauvreté
Devant une vitrine de la grande avenue
Il ose se voir, à moitié nu
Pour regarder l'image
De son corps, et de son âge
Ses petits yeux sont entrouverts
Ses cheveux sont gris
Il est tout rides, tout plis
Sa peau de couleur terre presque noire
Il n'a jamais été dans une baignoire
Ses vêtements sont déchirés, comme sa vie
Comme ses anciens rêves, comme ses envies
Il est horrifié par son image
Et se demande, si c'est un mirage
Puis, il commence à savoir
Pourquoi, on osait pas le voir
Les pensées noires l'inondent
Lui, qui n'a pas eu un mètre carré de terre
Ou une petite place, même en mer
Est il vraiment de ce monde
Sans apprentissage, sans éducation
Il est devenu l'adresse de l'humiliation
Il n'a jamais appris à rire
De sa langue, il ne sait que dire
Charité, charité
Mort à la pauvreté
La seule chanson qu'il a entendue
Est celle de ses intestins
Chantant sa soif, chantant sa faim
Parfois, quand il ferme les yeux
Il se demande s'il ne serait pas mieux
D'être comme ces animaux
Les citadins ou les ruraux
Qui ont par la loi
A la vie, plus de droits
Lui, dont on n'a pas fêté la naissance
A sa mort, présentera-t-on des condoléances
Lui dressera-t-on une statut en sa mémoire
Parlera-t-on d'un démuni, dans l'histoire
Pour une fois par dérogation
Au normal et à la tradition
Ou le suivra-t-on jusqu'à son dernier refuge
Pour lui, des larmes couleront-t-elles, en déluge
Qui criera son deuil
Qui écrira sur son cercueil
Ici, là, un jour,il y avait quelqu'un
On dirait un humain
Qui mourrait depuis sa naissance
Par indifférence, ou simplement par malchance
Almostakbil
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