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Je cheminai, pensive, sur les bords de l’Oise
Le baiser froid du vent mordant mes joues framboise
Ils marchaient devant, le cœur plein de promesses
Je me disais… la vie fait pour moi des prouesses.
La nature, divine, frissonnait en cette matinée de Mars
Primevères et marguerites dans leurs couronnes éparses
Criaient à qui voulait bien l’entendre
Le printemps est là... et que sa caresse est tendre !
Un bel oiseau lissant son plumage entre deux bourgeons
Minuscule et fragile, poussait sa stridente chanson
Je ne savais où regarder tant la minute était belle
Toutes vêtues de lumière un groupe de Demoiselles,
Passa près de nous dans une envolée sonore
Leurs rires perçants, autour des buissons d’or
Tulipes et pensées, même les plus attentives
Ne diront mot de leurs secrets sur la rive.
Quelques canards alentour, plutôt de petite taille
Glissaient sur les eaux troublées par les récentes pluies
Se poursuivant, à coups de bec, quelles canailles
Elle pétillait de partout, imposait son règne, La Vie !
Elle se trouvait devant, ma douce, ma petite enfant
Ses cheveux clairs dansaient si joyeusement
Jouaient espiègles avec le souffle du vent
Je pensai que j’avais là le plus précieux des trésors
En implorant pour Elle, l’indulgence du sort.
Il aurait fallu qu’alors le temps s’arrête
Avant moi, combien, ô combien de poètes
Ont tenté de retenir le cycle des ans
Peine perdue, dans ce désordre mouvant !
Sur un banc près d’une arche de pierre
Recroquevillée, une âme solitaire
Le regard perdu sur la pelouse humide
Dans une brume aux vapeurs acides
Attrista mon regard, que de bonheur, avide.
Plus loin, une longue péniche ronflante
Traînant le poids pesant sur ses flancs alourdis
S’arrêta devant l’écluse, d’une manœuvre lente
Pour se fondre à jamais dans la ligne d’oubli.
Je cheminai, pensive sur les bords de l’Oise
Luttant contre la tentation sournoise
De te dire tout bas,
Ces mots qui brûlent en moi
Dans l'âtre des mois.
Que n’ai-je pu, ne serait-ce qu’un quart d’heure
Me dégager des remous de ton emprise
Poète, j’en ai bien peur
Le destin promeneur
Vient de poser ses valises…

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