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Prière.
De ces minutes inquiètes et lasses,
Perdues, dans un horizon affolé.
De ces heures blasées,
Cherchant, vainement leurs places.
De cette saison mourante,
Qu’un soleil frileux,
Tente de garder vivante.
De cette aube naissante,
Ou la tendresse s’ennuie,
A compter les nuages de pluie.
De ces jours renouvelés,
Amarrés à d’étranges peurs.
De ces mots inventés,
Comme pour mieux respirer !
Qu’en ai je fais ?
Une prière ?
Existe t il un Dieu pour l’entendre ?
Existe t il une âme pour comprendre ?
Je ne sais pas !
Je ne sais plus !
J’ai pris, mon bâton de pèlerin,
Espérant un autre chemin.
Comme cette terre rouge,
Sèche, lourde aux couleurs épicées.
Là où, des éclats de soleil jouent avec les pierres
Offrant au regard, des ombres si particulières.
Et ce vent, une chanson d’orient,
Doux, chaud, intime et violent.
Il berce le voyageur, de mille et une rimes,
L’amuse, de courses rieuses,
Flirtant avec les cimes.
L’étourdit de plaintes mystérieuses,
Qui, dans la nuit résonnent,
Mais que le désert emprisonnent.
J’y ai croisé des marchands bedonnants,
Aux rires hypocrites, aux regards fuyants.
J’y ai vu des esclaves creusant leurs libertés,
A grands coups de belles idées.
J’y ai vu des enfants déguisés en amants,
Et leurs innocences foutrent le camp.
Qu’ ai je fais ?
Une prière ?
Existe t il un Dieu pour l’entendre ?
Existe t il une âme pour comprendre ?
Je ne sais pas !
Je ne sais plus !
Je me noyais, dans ce monde d’horreurs
Soulagé de ne plus avoir peurs.
J’espérais la cécité,
J’implorais la surdité.
Je condamnais demain,
Plus qu’un autre matin !
Ne voulant plus que rêver,
Et rêver encore !
Coucher sur l’irréel,
Je serrai très fort,
Des images furtives,
Des images fautives.
Oraison d’un néant,
Qu’un Dieu non pratiquant,
A défaut d’humanité,
Me négocie avec avidité.
Lui aurai je vendu ?
Je ne sais pas !
Je ne sais plus !
Vincent
« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)
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