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« Qui es-tu, toi habillé de noir ?
Que fais-tu à ma porte appuyé ?
Pourquoi cette moue ennuyée
Est-ce bien moi que tu viens voir ? »
« Oui c’est bien toi que je visite
Et ma mine aussi peu réjouie
Dit ce qui dans mon cœur est enfoui
Cette tristesse qui pour l’instant l’habite
En compulsant ce matin mes listes
J’ai vu ton nom écrit sur le parchemin
Alors je me suis mis en chemin
En quête de l’endroit où tu habites
Et je t’ai trouvé, gai comme un pinson
La trogne rougie par la vinasse
Et les vêtements raidis de crasse
Triste individu pour ma moisson.
Je dois maintenant te délivrer l’arrêt
Ton heure est venue je te l’annonce. »
Je n’en attendais pas tant comme réponse.
Je crois bien que je ne suis pas prêt.
Il me faut prendre un bain, prier
Me vêtir de mes plus beaux habits
Peigner quelque peu mes cheveux gris
Cirer mes godillots pour les faire briller.
Ne peux-tu repasser plus tard ?
Que je puisse ici tout préparer
Pour t’accompagner être paré
Qu’est ce que qu’un peu de retard ? »
Mais non, bien sûr, la mort n’attend pas
Elle frappe souvent qui ne s’y attend
Et sur l’action jamais ne s’étend
Vivez avant d’entendre crisser son pas.
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