|

Serment.
C’est un petit amour,
Que l’on croise tous les jours !
Un petit cœur anonyme,
Aux bords d’un abîme.
Un regard oublié,
Une ombre fatiguée.
Elle avait mis de coté,
Dans un grand livre doré,
Quelques vieux souvenirs,
Juste, pour ne pas grandir.
Quelques mots d’amour,
Qu’elle aurait dit un jour,
Des larmes plein les yeux,
Sous un grand ciel bleu.
Elle avait gardé tout çà,
Et bien d’autres choses,
Mais maintenant voilà,
Sa vie prenait une pause !
Elle parle, toute seule,
De la pluie, du beau temps.
Du voisin qui la réveille,
De sa confiture de groseille.
Elle rêve, toute seule,
De ce lointain printemps.
Où, elle avait sur elle,
Sa robe de dentelles,
Et ses petits bottillons.
C’était au bal du pays,
Sous les arbres et les lampions
Qu’un vieil accordéon,
Faisait valser de douces mélodies.
Ca sentait, la tarte aux pommes,
La brillantine des hommes.
Habillés comme un dimanche,
Au revers, une pervenche.
Soudain, elle apparue,
Entre deux ritournelles,
Le monde disparut,
Bon sang ! Qu’elle était belle !
Ses yeux, couleurs nuages,
Etaient l’éclat de son visage,
Sa bouche fine, un désir
Suspendu aux portes du plaisir.
Leurs rires jouaient,
Leurs mots se devinaient
Leurs silences, déjà complices,
Avant leurs peaux fraîches et lisses.
Mais, comment aimer une femme,
Quand on est femme ?
Affronter les convenances,
Les quolibets, l’intolérance.
Les railleurs,
Et les dames, bien nées.
Fuir ! Fuir pour exister,
Peut être, mais ailleurs !
Fuir comme une défaite,
Une tendresse que l’on jette.
Elle est partie, alors avec le vent,
Dernier refrain de sa triste chanson,
Elle est partie, se faisant ce serment,
Attendre et attendre encore,
Cette frêle silhouette au bout de l’horizon.
C’est un petit amour,
Que l’on croise tous les jours.
Un petit cœur anonyme,
Aux bords d’un abîme.
Un regard oublié,
Une ombre fatiguée.
Vincent
« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)
http://www.mespoemes.net/vs591/
http://www.copyrightdepot.com/rep71/00038349.htm
|