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Premier plaisir.
Me levant de bon matin,
Pour aller chercher le pain.
Je croisais la « Marinette »,
Ses bell’ dents dans sa baguette.
Les joues rouges de confusion,
Car, dans cette opération,
Quelques miettes indiscrètes,
Glissèrent dans le corsage,
De notre jeune soubrette.
Caché derrière un muret,
Je n’osais le doigt bouger.
Portant toute mon attention,
A la séance de grattage,
Suivant la dispersion
De la mie dans le corsage.
Jetant un œil aux alentours,
Elle entreprit, sans détours,
De traquer les miettes de pain
De repérer leurs chemins.
Il m’arrivait, par moments,
Des phénomènes inquiétants.
Entre deux respirations,
D’étranges et doux frissons,
Parcouraient mon pantalon.
Sans avoir d’explications,
Je repris mes observations.
Marinette entreprit avec ardeur,
Une attaque en profondeur.
Mais, quelques doigts, un peu en rage,
Ouvrirent en deux, le beau corsage.
Les yeux écarquillés,
Jamais, je n’avais vu de telles beautés !
Ronds, comme des oranges,
Ils attendaient qu’on les mange.
Je les devinais de loin,
La peau douce et délicate,
A entamer un magnificat.
Marinette,
La pauvrette,
Fit un nœud des deux coins
Du chemisier, ainsi arraché,
Elle en était ravie,
Enfin, débarrassée,
Des miettes et de la mie
Ce fut là mon premier plaisir,
Un peu coquin, je le soupir.
Vincent
« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)
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