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Je pars...
L'asphalte fatigué, luisant dans mon sillage,
Se voile d’un nuage aux dentelles plombées
Et les larmes d'orage en écume brisée
Coulent sur mes pensées au retour du voyage.
Avalant la chaussée qui m'a pris en otage,
Je fuis ce paysage aux encres estompées.
Manquent à mon bagage une présence aimée,
La belle humanité de vos riants visages.
Conjuguant le passé, seul au fond d'une cage
Filant sur le passage entre deux vérités,
Appelant une image écho de l’amitié,
Je reviens visiter l'émotion du partage.
Trompant l’éternité, plongé dans le cirage,
J’élude le sevrage âme sans volonté.
Je goûte le mirage à vos voix rappelées,
Quand la réalité voudrait tourner la page.
B.
(mai 2006 – révisé en 2006)

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