|

C’est un fauteuil roulant,
Rêveur de longs voyages,
Sans moteur ni volant,
Même pas d’embrayage,
Deux petites roues avant,
Deux grandes parallèles,
Comme unique bagage,
Une rêveuse de première.
Son besoin était si fort !
De faire ce long voyage,
Qu’armé d’un grand courage,
Supplia à un gris nuage,
De plaider sur sont sort.
Un fort et malicieux vent,
Le poussa délicatement,
Sur des chemins charmants,
A mille lieux de là.
Traversant les campagnes,
Les lacs, les rivières,
Franchisant la frontière,
Destination l’Espagne.
Pour embrasser les frères,
De sa fidèle passagère.
Heureux comme des rois,
Leurs rêves réalisés,
Sa passagère fredonna,
Se tenant aux accoudoirs,
Sur son siège cramponnée,
Tout au long du chemin,
Un gaie paso-doble, olé ! .
Comment parfois le vent !
Que l’on juge violent,
Peut être complaisant,
Pour un fauteuil roulants,
Qui rêve d’aventures !
Comme cette créature,
Qu’il transporte dedans,
Qui passe sa torture,
Depuis sa mésaventure,
N’ayant qu’une seule envie,
De revoir l’Andalousie,
Sa seconde patrie.
Paquita
|