|

Grave le vent suave, m’a grisé la tête,
Et depuis le temps, plus rien ne s’arrête,
Ni cet océan d’espoir dans mes rêves,
Ni l’envie d’écrire sans aucune trêve.
A côté du temps, il grandit l’espace,
J’aimerai te dire, un peu de la place,
Que prend la musique, lorsqu’elle est experte,
Les inouïes couleurs d’une vallée verte.
Des mots chamboulés, pour te dessiner,
Quelques mots humains bien assassinés,
Hors des barbelés, de ces convenances,
Qui font que plus rien n’a de résonance.
Grave le vent suave, m’a cogné le cœur,
J’étais plein de doutes, j’étais plein de peurs,
Mais c’était pas mal, de marcher toujours,
Ce qu’il y a de mieux, ici alentour.
C’est mon pote le vent, il fait des prodiges,
Et s’il y a des jours, où fort il m’afflige,
Fort heureusement, il a des pliages,
Qui poussent les vagues, jusque sur la plage.
Rien qu’un peu de vent, j’ai largué mes sacs,
Et mes illusions, j’ai plus rien de trac,
Je vais vers demain, comme on y va tous,
Vertigineux jours, qui piquent et qui poussent.
Et chaque matin, une page neuve,
A Aubervilliers, ou à La Courneuve,
Il est pas du sud le vent, par ici,
Il y a des moments, j’ai la nostalgie.
Je suis l’ami du vent, et d’amitié durable,
Avec des souvenirs, sur la mer, formidables,
Et puis dans la montagne, et puis dans les forêts,
Et sur les villes grises où l’on est à l’arrêt…
|