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Dans mon jardin, il fait beau. En général
J’y regarde les feuilles, parce qu’elles s’en balancent,
Le pin, le bouleau et l’oranger du Mexique, banals
Et puis l’herbe, bouffée par la mousse dense
Et par les champignons, toxiques bien sûr
Mais je les aime bien quand même.
Il n’y a pas de vent, la plupart du temps
Puisque les thuyas, ou vivent des légions d’araignées
L’arrêtent. Ils me font penser à moi souvent
D’abord pour les araignées, et aussi pour leur beauté
Hé hé, façade risible de leur pourrissement interne
Qui, si on la voyait, nous déciderait à mettre un terme
A leur croissance inutile.
J’aime pas les roses, qui ne fleurissent ici que quelques jours par an
Et qui le reste du temps ne sont que des tiges tordues
Aux extrémités peu glorieuses, et machinalement
Je leur marche dessus.
Mon jardin est petit. Sur la terrasse
Les innombrables traces
Des années passées à contempler
Cette (dé)composition
De pétales et de bosquets
Qui, à la réflexion
Me font sacrément chier.
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