Mes poèmes - Livre d'or - Moi

 

Il fut un temps où...

le lundi 23 octobre 2006, à 23:35. Posté par Mechant Monsieur


    Il est un lieu lointain désormais,

    Où les montagnes ne sont pas sourdes aux supplications
    Et où nobody but you and me n'a jamais mis les pieds.
    Sous les nuages épars des prairies enneigées,
    Et des rivières gelées.Froid. Dorment les poissons.

    L'air est rempli des chansons que j'ai toujours aimées,
    Et le vent apporte celles que toi tu leur préfères.
    Le ciel reflète souvent des visages adorés
    Et la pluie ne tombe pas lorsque c'est jour de fête.

    J'escalade des falaises, contemple mon domaine
    Et surveille sérieusement que rien n'y vient faire tache.
    Accroché à la pierre, je me penche puis me lache,
    Et j'attends patiemment que le vent me ramène.
    Car je vole en ces terres en aiglon majestueux
    Aussi bien que je meurs quand tu fermes les yeux.

    Par dessus les barrières, quand nos errances menent
    Nos pas jamais lassés jusqu'à d'odorantes granges
    Qui nous faisaient rêver au talent d'André Gide,
    Nous dormons dans la paille, surveillés par des fées
    Brillantes dans la pénombre, volant la place des anges.
    Chaleur. Humidité parfaite. Osmose. Vide.

    Quand nous traversons les forêts bleues de gel
    Ou les déserts qui sont successions d'oasis
    Nous ne nous disons rien, et le silence nous berce.
    Et quand nous nous couchons avec comme couette le ciel
    Valsant avec les dieux, dominant les abysses
    Je ne pense plus à rien. Emotion et caresses.

    La pluie nous rafraichit, tu te lèves en grognant,
    On s'égaye mutuellement, simplement en riant
    De nous voir tout deux nus comme des vers reluisants
    Les nuits sont longues commes des doux serpents
    Tu te loves contre moi tout en me murmurant
    "J'aime bien cet endroit, je crois,
    J'y passe un bon moment"

    Assis sur de l'osier et du velours bordeaux
    Sirotant des boissons sirupeuses, volatiles
    Respirant la jungle s'étendant à nos pieds
    Un iguane endormi fixe ses griffes à l'eau
    Tu admires un oiseau. Il vole. Iles.
    Je fixe la sueur qui descend sur ta gorge.

    Je t'emmenais flotter sur une rivière, l'été
    Le courant lent l'emportait sur les larmes que pleuraient
    Les saules sur les deux rives en te voyant passer
    Beauté déjà partie alanguie dans une barque
    Mes mains sur ton visage et tes paupières fermées
    T'empechaient de noter que les arbres m'enviaient

    Nous arrivions le soir toujours au même port
    Sans bruit et sans lumières
    Sans tempêtes, sans renforts
    Une lune vicieuse venaient pour contempler
    Le spectacle chaste de nos deux mains serrées
    Aussitôt le soleil, gardien de nos secrets
    Au loin sur la mer, calme, apparaissait
    Et faisait fuir ainsi la palôte voyeuse
    En réchauffant nos corps d'un lever majestueux

    A l'aube je grimpais dans une tour d'agathe
    Dominant une vallée rocailleuse et déserte
    Pour chanter en canon avec la voix des pierres
    Comme j'attends demain et je regrette hier
    Et mes cris éveillaient les fleurs et les bêtes
    Toi encore assoupie, tu rêvais sur ta natte.


    Interlude silencieux, ou l'amour se dissipe
    No longer home sweet home
    Lassitude, Suspicion et Incompréhension s'invitent
    Et foulent de leurs pieds crades les dalles de mon royaume.

    Il eut suffit d'un mot pour que j'aille moissonner
    Des grottes pleines de rubis, d'araignées et de songes
    Et ramener à tes pieds mon butin. Moi, sonné
    Par tes moeurs vagabondes, je plonge
    Et me lance en croisade contre ce que j'ai perdu.

    Maintenant les montagnes ne m'écoutent même plus.
    Je ne le ressens pas comme une trahison.
    Mes forêts sont brûlées et mes poissons crevés.
    Celui qui a aimé, et perdu l'être aimé
    Perd-il comme moi, l'usage de sa raison?

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
Marie * le mardi 24 octobre 2006, à 08:55
Très beaux ton poème, et en te lisant j'ai pensés à la chanson de Jean Ferrat Aimer à perdre la raison . Bisous

Fë le mardi 24 octobre 2006, à 19:10
Je suis restée devant mon écran un sourire sur les lèvres devant la peinture d'un tel tableau ...

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