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Il est un lieu lointain désormais,
Où les montagnes ne sont pas sourdes aux supplications
Et où nobody but you and me n'a jamais mis les pieds.
Sous les nuages épars des prairies enneigées,
Et des rivières gelées.Froid. Dorment les poissons.
L'air est rempli des chansons que j'ai toujours aimées,
Et le vent apporte celles que toi tu leur préfères.
Le ciel reflète souvent des visages adorés
Et la pluie ne tombe pas lorsque c'est jour de fête.
J'escalade des falaises, contemple mon domaine
Et surveille sérieusement que rien n'y vient faire tache.
Accroché à la pierre, je me penche puis me lache,
Et j'attends patiemment que le vent me ramène.
Car je vole en ces terres en aiglon majestueux
Aussi bien que je meurs quand tu fermes les yeux.
Par dessus les barrières, quand nos errances menent
Nos pas jamais lassés jusqu'à d'odorantes granges
Qui nous faisaient rêver au talent d'André Gide,
Nous dormons dans la paille, surveillés par des fées
Brillantes dans la pénombre, volant la place des anges.
Chaleur. Humidité parfaite. Osmose. Vide.
Quand nous traversons les forêts bleues de gel
Ou les déserts qui sont successions d'oasis
Nous ne nous disons rien, et le silence nous berce.
Et quand nous nous couchons avec comme couette le ciel
Valsant avec les dieux, dominant les abysses
Je ne pense plus à rien. Emotion et caresses.
La pluie nous rafraichit, tu te lèves en grognant,
On s'égaye mutuellement, simplement en riant
De nous voir tout deux nus comme des vers reluisants
Les nuits sont longues commes des doux serpents
Tu te loves contre moi tout en me murmurant
"J'aime bien cet endroit, je crois,
J'y passe un bon moment"
Assis sur de l'osier et du velours bordeaux
Sirotant des boissons sirupeuses, volatiles
Respirant la jungle s'étendant à nos pieds
Un iguane endormi fixe ses griffes à l'eau
Tu admires un oiseau. Il vole. Iles.
Je fixe la sueur qui descend sur ta gorge.
Je t'emmenais flotter sur une rivière, l'été
Le courant lent l'emportait sur les larmes que pleuraient
Les saules sur les deux rives en te voyant passer
Beauté déjà partie alanguie dans une barque
Mes mains sur ton visage et tes paupières fermées
T'empechaient de noter que les arbres m'enviaient
Nous arrivions le soir toujours au même port
Sans bruit et sans lumières
Sans tempêtes, sans renforts
Une lune vicieuse venaient pour contempler
Le spectacle chaste de nos deux mains serrées
Aussitôt le soleil, gardien de nos secrets
Au loin sur la mer, calme, apparaissait
Et faisait fuir ainsi la palôte voyeuse
En réchauffant nos corps d'un lever majestueux
A l'aube je grimpais dans une tour d'agathe
Dominant une vallée rocailleuse et déserte
Pour chanter en canon avec la voix des pierres
Comme j'attends demain et je regrette hier
Et mes cris éveillaient les fleurs et les bêtes
Toi encore assoupie, tu rêvais sur ta natte.
Interlude silencieux, ou l'amour se dissipe
No longer home sweet home
Lassitude, Suspicion et Incompréhension s'invitent
Et foulent de leurs pieds crades les dalles de mon royaume.
Il eut suffit d'un mot pour que j'aille moissonner
Des grottes pleines de rubis, d'araignées et de songes
Et ramener à tes pieds mon butin. Moi, sonné
Par tes moeurs vagabondes, je plonge
Et me lance en croisade contre ce que j'ai perdu.
Maintenant les montagnes ne m'écoutent même plus.
Je ne le ressens pas comme une trahison.
Mes forêts sont brûlées et mes poissons crevés.
Celui qui a aimé, et perdu l'être aimé
Perd-il comme moi, l'usage de sa raison?
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