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Nous sommes tristes, ce matin.
Tu es triste d'automne,
Je suis triste d'amour.
Je me sens orphelin,
Je te vois monotone,
Tout au fil des jours.
Les feuilles couvrent tes biefs
Et tu m'en tiens grief.
Elle n'a pas un regard,
J'erre sur tes berges, hagard.
Quand un bateau, parfois,
S'en vient troubler tes eaux,
Je vois revivre en toi
Le plus beau des canaux.
Je croise son regard,
Ses jolis yeux bridés,
Et il me semble y voir
Le bonheur s'y mirer.
Nous communions ensemble,
Le temps d'une éclusée,
Puis à ce qu'il me semble,
Tu retournes rêver.
Toi que Riquet bâtit,
Que Vauban admira,
Je vois que tu pâli,
Que tu me tends les bras.
Toi que mon âme encense,
Qui t'éloignes de moi,
Me fais perdre mes sens,
Dois-je plonger pour toi?
Nous serions réunis,
Vivant à l'unisson,
Toi le canal meurtri,
Moi et mes déraisons.
Nous sommes tristes, ce matin.
Je suis triste d'automne,
Tu es triste d'amour.
Tu te sens orphelin,
Je me vois monotone,
Au fil de ce long jour.
Philippe
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