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Ile mnémonique : Bribes de coeur

le samedi 04 novembre 2006, à 00:03. Posté par theo ou jihem


Bribes de cœur


Maman …

A remonter le temps dans un rire d’enfant,
On redevient l’enfant, celui-là que l’on fut.
On retrouve le pleur, le sanglot retenu
Et les yeux d’une mère au jardin de l’antan.

Je sortais ruisselant du baquet en fer-blanc,
Mon visage écrasé sur la chaleur du sein…
En ces instants trop courts, j’ignorais le destin
Qui couperait un jour ton fil de vie, Maman.

Traces …

Nous marquons notre sol de sillons de poussière,
Traces molles d’hier ;
Nous marquons nos amours de sillons de lumière,
De cela, soyons fiers !

Le sable a conservé l’empreinte de ton corps,
Sa chaleur et son or.
Mon cœur a conservé l’haleine de ton cœur,
Son odeur de bonheur.

Compagnons …

Tous les regards du monde portent-ils d’amour
Autant que le regard innocent de ce chien ?
Il regarde l’auto qui disparaît au loin
Dans le flot vacancier qui enfume le jour …

Le chien tourne à l’aveugle
Il court sous la pluie en jappant son destin
Et les klaxons qui beuglent
Lui signifient sans doute sa prochaine fin.

Enfant …

Enfant qui sort du bain
Et s’écrase de joie sur la chaleur du sein,
Savoure ce moment
De matin bref hélas ! Et de bonheur certain.

Ouvre grand la fenêtre
Aux fumets immortels du véritable amour,
Conjugue avec toujours,
Sous l’énigme des cieux, le risque insensé d’être.


Août 2004/Octobre 2006

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commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
MILIQUE le dimanche 05 novembre 2006, à 12:14
Bonjour THEO ! Qu'elles sont émouvantes ces "Bribes de coeur" qui, évidemment, auraient pu être multipliées à l'envi ! ----- oui, savourer ce moment qui déjà dans le présent est du passé en devenir... Ecouter le souffle maternel, léger, effleurant, voix qui grave au définitif ce qui n'était que silence. Lumière caressante d'un coeur de Maman, qui irradiant d'amour, amplifie la beauté du moment. ----- "Le risque insensé d'être ! Risque que l'on n'a pas choisi mais que l'on se doit cependant d'assumer. Il faut déployer pour cela une indéniable intransigeance. Et pour faire un petit bout de vie, tenter d'être toujours un peu comme en avant de soi-même. S'appliquer à ne toucher au but qu'après l'avoir dépassé. Avec l'irrémédiable espoir de rester toujours insatisfait... Jusqu'à ne plus laisser que des traces nostalgiqiues dans des "bribes de coeur". Merci à toi THEO... A bientôt Ami ! Patrick

Marie(Battementd'elle) le dimanche 05 novembre 2006, à 21:44
A remonter le temps, bardé de nostalgie, on remonte aussi loin que peuvent nos souvenirs, on remonte les traces en sillons de poussière ou sillons de lumière, suivant qu'elles soient misère, solitude ou bonheur, on remonte son chemin, son chemin à l'envers, tel ce chien délaissé, pourtant rempli d'amour, qui perdu tourne en rond jusqu'à sa propre perte, on remonte à l'enfance, à celle toute petite, où là, seule l'innocence, seuls les yeux ou le sein d'une mère, où là, n'est que douceur, chaleur et puis amour ... Au risque insensé d'être, on y laisse ses bribes, mais à ne pas oser être, on ne laisse vraiment rien ... Toute mon amitié, Théo ! ;))

Théo le lundi 06 novembre 2006, à 22:59
Cher Milique, tu as tout dit, comme toujours ...Les souvenirs indélibiles de joie ou de peine, et la vie, ce risque inouï et merveilleux , souligné par la mémoire et la conscience d'être vivant, mais mortel. Paradoxe unique dans toute la création connue ! Amitiés :-)

Théo le lundi 06 novembre 2006, à 23:02
Chère Marie, peu de choses suffisent au bonheur, je crois ... mais peu de choses suffisent pour le mêler de tristesse, ne serait-ce que ce chien abandonné ... Et oui, bien d'accord : mieux vaut y laisser des plumes parce qu'on a essayé de voler que ne rien laisser parce qu'on n'a rien été ... Mes amitiés Marie :-)

Théo le lundi 06 novembre 2006, à 23:03
J'ajoute que l'image initiale m'a été suggéré par mon plus lointain souvenir d'enfance, toujours vivace : je me rappelle avoir tété ma mère ... Non, Marie, pas quen j'étais pré-ado, quand j'étais nourrisson :-)))

Théo le lundi 06 novembre 2006, à 23:04
suggérée ... QUAND et non quen (ou Caen, pourquoi pas!) Clavier ... Tu abuses !!

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