|
Cette nuit encore, tu es venue t’asseoir
Aux confins de la vie, frontière de l’espoir
Sur le bord de mon lit, à l'heure des étoiles
Ô bonheur attendri, enrubanné de voiles !
Ton regard malicieux, souvenir immuable
Où le chagrin - souvent - projetait des ombres
Epaisses et noires. Fut-il destin plus sombre
Que le tien, pauvre enfant, aux douleurs implacables !
Sur le pont lézardé des humeurs dynamite
Nous avons retrouvé, quelque éclat de pépite
La tendresse endormie, attendant qu’on l’éveille
Et nos jours qui parfois, s’enflammaient de soleils.
Au bosquet des soupirs, un trésor exhumé
Des photos oubliées, seuls témoins de nos âges !
Le temps passe et pourtant, rapproche davantage
Ceux qu’il a - vainement - tant voulu exiler.
De bonheurs fugaces en glauques marécages
De chemins épineux en luxuriants feuillages
Nous avons parcouru tous ces ans, à distance
De rancœurs en pardons, appris toutes les stances.
Au carrefour de l’oubli me sourit ton visage
Où la brume s’étire en flambeaux aveuglants
Gommant une à une, les épreuves d’antan
Ne laissant que l’amour en flocons de nuages.
Cette nuit encore, je suis venue m’asseoir
Aux confins de la vie, frontière de l’espoir
Sur le bord de ton lit, à l'heure des étoiles
Ô bonheur accompli, enrubanné de voiles !
La lune s’enfuit
Mes veilles s’achèvent
Le jour déjà, luit
Murmure maintenant,
Et pour la nuit des temps
Que ce n’est plus un rêve…
Libelle (Oct 2006 après des retrouvailles "surprise") 
|